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Messages

Les apories contagieuses de la pensée haïtienne

«L’élite haïtienne est comme un voyageur en première classe qui ne se soucie pas de la présence d’une bombe en classe économique». Cette catachrèse de Dany Laferrière m'a interpellé depuis que j'en ai pris connaissance. Elle n'est pas l'unique formule creuse dont on se fait les champions. Il y a bien sûr celle de Louis-Joseph Janvier telle que «Haïti est un singulier petit pays.» Et bien d'autres. Les complaintes, les reproches, les invectives, les attaques de toutes sortes face à cette élite, toutes catégories d'élites confondues, soit par des membres de cette élite ou non ou des étrangers, ne tarissent pas depuis au moins un siècle. En dépit, ou malgré, toutes ces déceptions ou haines, les choses ne s'améliorent pas pour autant. On s'évertue à trouver des procédés rhétoriques les uns plus puissants que les autres pour gagner la palme d'or de la plus belle métaphore. 
Personne ne pourrait contester la beauté de cette citation de Dany. La première …
Messages récents

Historique d'un mode de pensée sénile.

L'être humain aime bien se conforter des idées reçues, des lieux communs, bref des recettes toutes faites. Par expérience, je constate souvent si tu décides de changer la façon de faire ou de comprendre, tu as en général plus de 80% des gens qui s'y opposent grosso modo. Le reste, on y trouve des indifférents ou insouciants, qu'on peut estimer à 16%. Et le reste du reste, soit le 4% restant, plus de 3% qui est dans l'expectative. Et enfin, ce qui reste de tous les restes, les esprits dynamiques. Il ne faut surtout pas oublier que toutes ces catégories soient stratifiées, donc elles ne sont pas d'une homogénéité parfaite. Ainsi s'y retrouvent des sous-catégories. C'est donc un constat attesté partout, à la différence, dans les pays où les gens ont reçu une formation dépouillée de religiosité, l'ouverture d'esprit de cette frange les rend plus perméable aux idées nouvelles. L'exemple d'Einstein qui a trouvé un petit noyau de physiciens qui av…

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…