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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette Haïti

Historique d'un mode de pensée sénile.

L'être humain aime bien se conforter des idées reçues, des lieux communs, bref des recettes toutes faites. Par expérience, je constate souvent si tu décides de changer la façon de faire ou de comprendre, tu as en général plus de 80% des gens qui s'y opposent grosso modo. Le reste, on y trouve des indifférents ou insouciants, qu'on peut estimer à 16%. Et le reste du reste, soit le 4% restant, plus de 3% qui est dans l'expectative. Et enfin, ce qui reste de tous les restes, les esprits dynamiques. Il ne faut surtout pas oublier toutes ces catégories sont stratifiées, donc elles ne sont pas d'une homogénéité parfaite. Ainsi s'y retrouvent des sous-catégories. C'est un constat attesté partout, à la différence, dans les pays où les gens ont reçu une formation dépouillée de religiosité, l'ouverture d'esprit de cette frange les rend plus perméable aux idées nouvelles. L'exemple d'Einstein qui a trouvé un petit noyau de physiciens qui avalisait sa …

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…

Grammaire de la pensée philosophique haïtienne (3 de 5)

Dans cette série de cinq articles de la grammaire de la pensée philosophique haïtienne, je reste dans le même registre que les deux précédents articles. Depuis cinq ans, j'ai posé les bases de ma recherche sur les causes de la déchéance d’Haïti dans mon article intitulé Problématique haïtienne. En général, les Haïtiens préfèrent les slogans qui caricaturent la réalité du pays sans faire une analyse anatomique de cette décente abyssale dans les limbes depuis 1804, date du triomphe de l'une des plus grandes révolutions de l'humanité. Je les comprends, car il est difficile de se regarder dans un miroir sans œillères. L'Homme étant ce qu'il est tout changement épistémique le déséquilibre. Et Dieu seul sait combien qu'il adore les certitudes même plus abêtissantes. Dans le cas de l'Haïtien, il se morfond; il meurt à petit feu que de virer de bord parce que son éducation cognitive le conforte dans des certitudes éternelles. Et cependant, l'effort doit être te…

La prostitution de l'intellect : le mal d'Haïti

J'adore entendre quand l'Haitien critique autrui. Je connais tellement bien aujourd’hui mes compatriotes que je m'esclaffe. Ce qui était cocasse la semaine dernière, c'est le retrait de la Plate-forme Vérité de la course électorale parce que le CEP a retiré Jacky Lumarque de la joute électorale présidentielle. Songez que Préval, un magouilleur patenté, fait partie de ce front électoral. Ne vous vous rappelez pas que l'Alternative posait pour condition à la participation aux élections de 2010 un replâtrage de la composante du CEP qui était constitué, entre autres, de Gayot et Opont. A l'époque Préval faisait la sourde oreille. Ces Messieurs avaient organisé ces élections en faveur de Jude Célestin et lui avaient donné la victoire dès le premier tour. Étant donné que Préval est l'homme de paille de l'Internationale, on lui avait imposé plutôt un second tour entre Sweet Micky et Mirlande Manigat. Chose bizarre alors : comment Jude Célestin ait pu passer d…

La maladie sociale commence par la tête

Pensée sclérosée : blocage inextricable

Je ne saurais faire abstraction de ce parallèle pour jeter un coup d’œil sur les conditions qui ont amené à la disparition des habitants de l’Île de Pâques ou de l’effondrement de la civilisation Maya et Aztèque pour porter un certain éclairage sur la crise haïtienne. Dans les trois cas, c’est l’orthodoxie de la pensée, le dogmatisme invétéré qui a déterminé leur sort. Quand un peuple ne peut pas créer de rupture épistémologie avec le mode de pensée qui l'entraine dans sa dégringolade éperdue, il subit du même coup la loi fatale de la sélection naturelle1. A voir la dégringolade d’Haïti parée de ces élites dogmatiques, l’espoir d’un revirement laisse perplexe tout bon observateur de la situation.

Un exemple pourra suffire pour illustrer cette inquiétude, c’est la légèreté avec laquelle le lettré haïtien s’exprime sur n’importe quel sujet. Le cas le plus saisissant est cet été quand Hérold Jean-François2 affirmait que le relèvement du pays …

Société civile : vache à lait des élites-croupion

Comprendre le concept de société civileSuite à mon premier article sur la société civile, je me croyais faire le tour de la question de façon simple et concise. Je croyais avoir mis l’accent sur les aspects constitutifs de ce concept, dont André Corten trouve polysémique mais que je trouve moins flou dans la mesure où il est bien circonscrit dans le temps, il est apparu avec le capitalisme, et l’espace, au contour  assez bien défini, dans les pays développés. Si on se réfère à Karl Polanyi dans son livre La grande transformation où il montre clairement que la société marchande, qui deviendra plus tard capitaliste, a provoqué la cassure de toutes les solidarités des sociétés traditionnelles :  économiques, sociales, etc. Marx traduisait cette idée de façon lapidaire en disant que le travaillggeur était devenu libre parce qu’il n’avait d’autres choix que de vendre sa force de travail. Cette liberté, qui n’est qu’un euphémisme- parce que c’est du fait même qu’il a abandonné son lopin de…

Le 12 Janvier 2015: saut dans l’inconnu ou statu quo?

Une crise sans lendemain Prévoir le dénouement de toutes crises, dans n’importe quel pays, est un exercice hypothétique . Dans le cas d’Haïti, c’est purement jouer à la roulette russe. Le hasard joue un rôle prépondérant parce que ce pays est dépourvu d’institutions, l’humeur du chef de l’état conditionnée par celle des États-Unis est la seule mesure de la marche des affaires de l’État. La crise électorale, qui est la manifestation de la crise sociétale, est dans l’impasse depuis au moins la fin de la présidence de René Préval, que Martelly entretient et maintient nette, prouve une chose : le saut vers la modernité fait peur aux élites parce qu’elles sont incapables de mener la barque nationale, car leur courte vue qui est un symptôme de leur intellect confus et confondu. Il suffit de mesurer la production intellectuelle à l’aune de la science pour s’en rendre compte. Des concepts à l’emporte-pièce, depuis les cinquante dernières années, comme le fascisme créole du sous-développement…

L’enfer, c’est nous autres

La mentalité de chiens couchants des élites

De la société civile en Haïti

Qu'entend-on par société civile? Existe-t-il une société civile en Haïti? Voyons ce qui se cache derrière ce concept. Par société on entend un groupe d'individus liés par un réseau de relations émotives et pratiques. En général, un mythe fondateur soude tous ces individus entr'eux. Viendra ensuite l'État en tant qu'entité politique qui plane, pour l'essentiel, au-dessus de la mêlée. Il est l'aspiration des élites dans ses divers segments et aspirations. La lutte pour l'orientation du corps social vers une destinée, en général et idéalement, radieuse. Par civile, on l'entend par opposition au pouvoir politique, c'est donc la frange de la société qui ne joue de rôles de gestion ou d'administration des affaires de la cité. Les manifestations de cette société civile se traduisent par des groupes d'intérêts, de pression, etc. Une morale publique qui vient définir l'acceptable de l'inacceptable dans l'intérêt général, en substance…