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Messages

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Haïti : l’impasse est globale et totale

Confusion totale dans la tête des Haïtiens. Résultats catastrophiques depuis deux cents ans. Lettrés, les gens qui auraient dû savoir lire les petites lettres fines, ne lisent que de grosses lettres. Les illettrés, par association, ne pourraient faire mieux. Pour faire un parallèle à Platon dans l'allégorie de la caverne, si les lettrés sont dans le noir, le pauvre peuple est dans la noirceur la plus opaque. Un des problèmes sensibles en Haïti est la question de couleur. C'est une question qui a traversé notre histoire et qui est l'une des boulets que nous trainons et qui nous empêchent d'avancer - donc qui n'avance recul- depuis la colonie jusqu'à ce jour. Un autre problème qui est corrolaire à notre incapacité de sortir de l'impasse, c'est notre système d'éducation.
Avant d'argumenter davantage, un point de méthode à esquisser. Comment comprenez-vous que la majorité de nos intellectuels utilisent l'appareillage conceptuel européen, en pa…

La source principale de nos échecs...

Quelle est la source de l'échec des élites progressistes en Haïti ? Qui a essayé de créer une rupture épistémologique durant les 50 dernières années? Je serai lapidaire dans ma réponse. Une mise au point est nécessaire là. Dire la vérité n'est pas un manque de fibre patriotique; dire la vérité dans le cas d'Haïti, c'est refuser que notre pays continue à s'enfoncer dans les limbes abyssales. Cette mise au pont étant faite, je dirais que la principale cause de l'échec se situe dans l'exclusion des masses du débat national. Ces élites se partagent les connaissances entre elles. Leur véhicule de diffusion des idées a été longtemps la langue française par le moyen de l'écriture dans un pays où 90% de la population ne sait ni lire ni écrire. Dans une société de l'oralité, le message atteint un cercle très restreint de la population. Je ne serai pas prêt à lapider ces mandarins à l'autel de la patrie. Beaucoup sont de bonne foi. Le poids rétrograde du …

La commémoration du 26 avril 1963: regard critique

La commémoration du massacre du 26 avril 1963 par le sanguinaire dictateur Papa Doc me laisse sur ma soif. On a moussé les sentiments à son paroxysme, mais aucune initiative pour l'érection d'un monument aux victimes n'a été prise. Après 27 ans de la chute du petit diable de Papa Doc, Baby Doc, le travail de mémoire n'a pas été fait : Fort Dimanche a été rasée de la carte, aucun symbole de la dictature purulente n'a été sauvegardé, mais le retour du néo duvaliérisme au timon des affaires du pays est une réalité bien vivante. Voilà ce qu'on a semé durant les 27 dernières années. Voilà ce qu'on a récolté aujourd'hui. La structure mentale est restée intacte nonobstant la modernité du discours, comme ce fut le cas tout le long de notre histoire. Nous savons nous adapter à la modernisation des discours sans leur application dans la vie courante. Le monstre Duvalier n'a pas été un hasard, il a été construit au fil du temps. D’ailleurs, il suffit de revis…

Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…