lundi 17 août 2015

Et pourquoi tout ce bruit? Valéry Numa versus Clarens Renois

Du tapage! Du tapage! Rien que du tapage! Je ne suis vraiment pas branché à la même enseigne que mes compatriotes. Et tant mieux. Autour du soi-disant impair commis par Valéry face à Clarens. Cocasserie haïtienne. Bien sûr je n'ai pas entendu l'entrevue ni dans son intégralité ni en partie. Mais si je me fie au résumé fidèle du Nouvelliste, je ne crois pas qu'il ait lieu à tout ce tapage médiatique. Les partisans du journaliste en fonction et du journaliste candidat à la présidence se déchaînent sur la toile. On aurait dit qu'il n'y eût rien de plus sérieux à y voir. Ce style convivial est le propre de Valéry Numa; c'est sa carte de visite. Dans ce sens, il est à la fois typiquement française et haïtienne. On a vu à la télévision française, cette année, je crois, comment Martelly a été cuisiné par des journalistes. D'un autre côté, le journaliste a toujours mené des entrevues sans décorum, ses rapports avec les gens en dehors du micro se prolongent derrière le même dit micro. Aussi pourquoi tout ce bruit autour de deux poids Plume?





Qu'en est-il vraiment? Des questions légitimes à un candidat arrivé de nulle part, qui ne s'est jamais mêlé de politique, qui ne s'est jamais prononcé, en tout cas, publiquement aux brûlantes questions des cinq dernières années ou aux dérives de Martelly durant son quinquennat. Et pire encore sur la question de la dénationalisation des descendants haïtiens de la République dominicaine. Un autre point en litige, c'est l'appel aux autres candidats de former une sorte de coalition. C'est une initiative premièrement infantile: la naïveté est à découvert; le momentum n'y est pas. L'argument du candidat en faisant appel à Obama ne tient pas la route. Point. L'enjeu est trop grand pour qu'un Clarens sorti d'ailleurs vienne donner le ton à la campagne électorale. Les enfants de Chœur n'existent nulle part dans ce bas-monde, encore moins en politique. Est-ce maintenant que les choses deviennent urgentes parce que ce candidat en a pris soi-disant conscience? Voyons! Ce sont des questions que l'animateur devraient servir à d'autres candidats dans la course présidentielle, comme les Jude Célestin de ce monde.

Voilà en gros la teneur de tout ce tollé médiatique. Deux visions distinctes du journalisme, donc de la conduite d'une entrevue; deux poids plume en terme de tonus dans leur position respective. Mais tout ce bruit cache d'autres choses. N'allez pas croire que cet interview valait tant de remous. Non. A force de suivre les élections un peu partout dans le tiers monde, on peut voir facilement la main du diable en filigrane. Il est rusé. très. Ce ballon d'essai ne passera pas cette année. Le diable doit se creuser le méninge davantage pour trouver une autre façon de faire...

 La gravité de la question haïtienne, si on est un tantinet sérieux, ne peut être larguée dans les mains d'un néophyte, de surcroît, dont on ne s'est rien en terme de vision. Le prochain président doit être à la fois un homme de parti, d'expérience politique, qui est à l'écoute, collégial et d'une solide connaissance scientifique.


Ernst Jean Poitevien

Grammaire de la pensée philosophique haïtienne (4 de 5)

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