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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette Duvalier

La source principale de nos échecs...

Quelle est la source de l'échec des élites progressistes en Haïti ? Qui a essayé de créer une rupture épistémologique durant les 50 dernières années? Je serai lapidaire dans ma réponse. Une mise au point est nécessaire là. Dire la vérité n'est pas un manque de fibre patriotique; dire la vérité dans le cas d'Haïti, c'est refuser que notre pays continue à s'enfoncer dans les limbes abyssales. Cette mise au pont étant faite, je dirais que la principale cause de l'échec se situe dans l'exclusion des masses du débat national. Ces élites se partagent les connaissances entre elles. Leur véhicule de diffusion des idées a été longtemps la langue française par le moyen de l'écriture dans un pays où 90% de la population ne sait ni lire ni écrire. Dans une société de l'oralité, le message atteint un cercle très restreint de la population. Je ne serai pas prêt à lapider ces mandarins à l'autel de la patrie. Beaucoup sont de bonne foi. Le poids rétrograde du …

La commémoration du 26 avril 1963: regard critique

La commémoration du massacre du 26 avril 1963 par le sanguinaire dictateur Papa Doc me laisse sur ma soif. On a moussé les sentiments à son paroxysme, mais aucune initiative pour l'érection d'un monument aux victimes n'a été prise. Après 27 ans de la chute du petit diable de Papa Doc, Baby Doc, le travail de mémoire n'a pas été fait : Fort Dimanche a été rasée de la carte, aucun symbole de la dictature purulente n'a été sauvegardé, mais le retour du néo duvaliérisme au timon des affaires du pays est une réalité bien vivante. Voilà ce qu'on a semé durant les 27 dernières années. Voilà ce qu'on a récolté aujourd'hui. La structure mentale est restée intacte nonobstant la modernité du discours, comme ce fut le cas tout le long de notre histoire. Nous savons nous adapter à la modernisation des discours sans leur application dans la vie courante. Le monstre Duvalier n'a pas été un hasard, il a été construit au fil du temps. D’ailleurs, il suffit de revis…

Le développement endogène est possible en Haïti

Les rendez-vous manqués avec l'histoire ont été nombreux, mais je tiens à partager avec vous l'un qui n'a été mentionné ou trop peu, soit celui de la première caisse populaire haïtienne à Montréal. À regarder les choses aujourd'hui, on peut comprendre les nombreux autres rendez-vous manqués avec l'histoire, en particulier en 1946 avec Dumarsais Estimé sur le paiement de la dette aux américains, sur lequel aucune étude sérieuse n'a été faite. Quand l'émotion prend le pas sur la raison, trop souvent d'ailleurs, le résultat d'une Haïti qui se meurt n'est pas un hasard. L'intellectuel, ou soi-disant tel, est un toutiste. Il se croit le droit de se prononcer sur tous les sujets sans avoir même de connaissances parcellaires.

Le gel de l'aide canadienne : un bien nécessaire..

Soixante ans d'aides internationales à Haïti ont-elles des effets positifs ou négatifs? Haïti a été le premier cobaye du système d'aide internationale établie avec la création de L'ONU après la deuxième guerre mondiale, sous la présidence de Dumarsais Estimé. Le résultat est sans appel, le pays s'est appauvri à tous les points de vue, soit structurelle, soit conjoncturelle. Au niveau structurelle, le dernier coup de boutoir asséné à l'économie haïtienne a été l'éradication des cochons dits créoles. Durant ces années, l'économie haïtienne est passée d'une économie virtuellement non monétaire à une économie monétaire, donc l'intégration systématique de l'économie haïtienne au système capitaliste mondial, sans réaménagement des structures de production. Pour illustrer cette situation, jusque dans les années 70, si quelqu'un te donnait un billet de 20 dollars américains un vendredi après 14 heures, donc à la fermeture des banques, tu ne pourrai…

Jean-Claude Duvalier, Retour du dictateur

Il y a vingt-six ans, l'un des régimes les sanguinaires de la planète a pris fin par la conjugaison de forces interne et externe. Le soulèvement populaire, suite à la mort de trois jeunes élèves aux Gonaïves le 30 novembre 1985 va faire boule de neige et créer un mouvement de révolte générale contre la dictature. L'intervention des États-Unis et de la France ont donné le dernier coup de grâce au régime duvaliériste (père et fils). La transition est assurée par un Conseil national de Gouvernement (CNG) composé de six membres, dont quatre sont des militaires et de deux civils et dirigé par un militaire au nom de Henri Namphy. Maître Gérard Gourge, le seul personnage crédible de ce conseil démissionne quelque temps après.

 La chute de Jean-Claude Duvalier suscitait dans les communautés haïtiennes vivant à l'extérieur du pays beaucoup d'espoir. Le retour au pays natal était sur les lèvres de nombreux Haïtiens. Cependant, l'espoir s'est vite tourné en cauchemar avec…

Investir en Haiti sur fond de crise étatique

Le lancement de l'investissement
S'ouvre en Haïti aujourd'hui deux jours de forum sur l'investissement. Une importante délégation d'investisseurs étrangers et locaux se réunissent à l'hôtel Karine Convention Sous l'instigation de la Banque interaméricaine de développement (BID), la fondation Clinton et le gouvernement haïtien. Aussi, hier, le 28 novembre 2011, a eu lieu l'inauguration du Parc industriel du Nord, à Caracole. C'est une semaine où l'économie semble prendre le pas sur la politique. Erreur. Il ne faut pas oublier que la chambre des députés ne s'est pas encore prononcé sur l'arrestation illégale du député Arnel Bélizaire. Le sénat, quant à lui, a déjà noyé le poisson en rejetant le point f du rapport qui demandait l'interpellation du ministre de la défense et de l'intérieur. En dépit de la mise à nu du dysfonctionnement de l'appareil étatique.

La déficience de l'État et l'investissement
D…

Michel Martelly : entre la volonté et l'ignorance

La volonté
Il serait injuste de dire du président haïtien, Michel joseph Martelly, qu'il n'a pas la volonté de voir le pays sortir de l'ornière de la misère. Il y a chez le président une obsession d'une Haïti qui ne soit plus la paria du monde. On a qu'à voir son approche de présenter aux investisseurs les possibilités d'investissement dans le pays dans différents domaine, dont le tourisme pour ne citer que cela. C'est une démarcation nette par rapport à la pratique des anciens gouvernements, qui ne faisaient que quémander auprès des institutions internationaux et les officines des pays occidentaux, dont les États-Unis, le Canada, l'Union européenne, et j'en passe. C'en est une attitude qui veut rompre avec la mentalité de mendicité. Ce qui est sans un apport majeur de ce régime en créant une rupture méthodologique inédite.

L'ignorance

Le président a l'art de se fourvoyer ou se mettre les doigts dans les yeux. Après quatre long mois sans go…