samedi 12 mai 2012

Le pouvoir de Martelly, stade suprême de décomposition sociale

Laurent Lamothe,Sabrina Baker, Michel MartellyAprès une année passée à la tête du pays par Sweet Micky, suite à une mascarade électorale du premier tour où l’OEA (Organisation des États Américains) a décidé par des calculs statistiques savants des protagonistes du second tour, dont Mirlande Manigat et Michel Martelly sont les rescapés. Aujourd’hui c’est l’heure du bilan. Pour analyser cette première année du quinquennat du président du compas(musique haïtienne), je porterai une attention particulière sur sa gouvernance, sur son programme d’éducation et, finalement, son programme économique. D’emblée nous dirons que dans les premiers mois, les bonnes intentions et la rhétorique de l’initiative interne ou endogène, contraire à la politique de quémandeur pratiquée par ses prédécesseurs, me paraissaient rafraichissantes. Aujourd’hui cette rhétorique est vide de sens puisqu’elle ne s’accompagne pas d’initiatives concrètes. En effet, le chef de l’état rentre dans les rangs comme ses prédécesseurs et fait appel à l’aide internationale pour le plus insignifiant des projets.

Durant cette première année, Martelly a accumulé gaffes après gaffes. L’une d’elle est l’arrestation du député Arnel Bélizaire. cette forfaiture est arrivée au moment même où le président a lancé son slogan «Haiti is open for business». Ce n’est pas une quelconque opposition qui a mis le bâton dans les roues du président, c’est lui-même qui s’est tiré dans les pieds. Du 14 mai 2011 à aujourd’hui, c’est son quatrième choix de Premier ministre avec Laurent Lamothe, après la démission Garille Conille qui n’a passé que quelque trois mois à la tête de la primature. Aussi la tendance du président à fonctionner en dehors du cadre légal est symptomatique. Le fond d’éducation, qui est une ponction sur les frais d’appel internationaux et les transferts d’argent de la diaspora, n’a encore fait l’objet d’aucune loi cadre. Sans compter les différents propos ou gestes désobligeants  du président à l’égard de la Presse.

Sur le plan de sa politique d’éduction, au début sa volonté de mettre à l’école les enfants étaient très louables. Mais, avec le temps, son programme est devenu une vaste farce quand il a prétendu avoir mis à l’école 1 millions d’enfants. Là le président prend tous les Haïtiens pour des cancres. À quelles écoles, dans quels espaces, avec quels enseignants le chef de l’état a-t-il réalisé ce rêve chimérique ? Quand on connait la médiocrité générale des maitres dans le système scolaire, quand on sait que l’éducation doit s’articuler autour d’un projet de société, quand sait que le matériel pédagogique était inadéquat et insuffisant avant cette fameuse «politique», de quelle éducation parle notre cher président ?

Finalement, sur le plan économique, les intentions n’ont pas cédé le pas au pragmatisme. La pensée mystico-scientifique, soit avec la fameuse politique de la diplomatie des affaires et le dévouement de la ministre du tourisme dans la  promotion du tourisme sans créer des conditions objectives, se manifeste clairement par ces exemples et fait montre l’incapacité de ces gens de penser le développement de façon cohérente. La dernière perle en date c’est la prévision de Laurent Lamothe dans sa politique générale de faire d’Haïti en 2030 un pays émergent, c’est-à-dire un pays comme le Brésil, par exemple. Qu’avait-il fumé ce jour-là, ce cher Lamothe ? Un conseil salutaire : change de fournisseur.

jeudi 10 mai 2012

La cérémonie de ratification diabolique au sénat : une parodie de mauvais goût

Suite à la cérémonie diabolique au sénat pour arriver à la ratification de Laurent Lamothe, les 8 sénateurs qui n’ont pas voulu participer à cette morbide, dont Jean William Jeanty, sont amers de voir comment le président de l’assemblée sénatoriale, Dieuseul Desras, a fait fi des règlements du Grand Corps dans le seul but de plaire à des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt et, de surcroit, flanquer la démocratie haïtienne un camouflet digne d’un flibustier des temps coloniaux. Le sénateur Jean William Jeanty ne va pas avec le dos de la cuillère, comme c’est le cas pour le sénateur François Anick Joseph et, peut-être, les 7 autres, il ne voit pas comment l’actuel président du sénat peut continuer à diriger cette noble institution, dont il ne s’est pas montré.

Pourquoi cette course contre la montre pour ratifier le Premier ministre Lamothe si ce n’est pas l’assujettissement du parlement aux desideratas de l’exécutif ? Les propos élogieux du président Desras adressés aux dix sénateurs sortant veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ces Messieurs ont à plusieurs reprises souillé cette institution par leurs comportement et action en faveur d’intérêts strictement personnels. Joseph Lambert était là quand Préval avait livré le pays au proconsulat de Bill Clinton. Youri Latortue et ce même Lambert étaient là pour donner un chèque en blanc à Michel Martelly après sa forfaiture contre le député Arnel Bélizaire. Dieuseul Desras n’est pas aussi un ange. Et patati et patata.

Ce qui est paradoxal, ce même Dieuseul Desras, juriste de son état, de façon démagogique, nous sort d’un «manuel de droit constitutionnel» du professeur Léon Duguit citant Jean Jacques Rousseau des phrases ampoulées qui sont en contradiction avec sa forfaiture. Après avoir bafoué, les règles les plus élémentaires de la démocratie, soit les principes, ce dernier se fait moraliste en donnant des conseils de sage au Premier ministre. Quel culot! Un homme immoral, sans éthique publique, peut-il faire de la morale à quiconque ? Son audace égale l’inconscient d’un ignare. À la différence, ce dernière pêche par son ignorance absolue. En présupposant que le président du sénat est intellectuel, sa faute est punissable de haute trahison!

http://haiti-tribune.blogspot.com/2012/05/haiti-societe-democratique-ou-societe.html
http://haiti-tribune.blogspot.com/2012/03/lamothe-et-martelly-un-coktail.html

mercredi 9 mai 2012

Haïti : société démocratique ou société corrompue

La séance de ratification au sénat de la République de Laurent Lamothe, hier soir, a donné lieu à une cynisme parodie, avec des cabotins corrompus jusqu’à l’os. Le résultat était connu d’avance. L’heure butoir était minuit afin de permettre aux dix sénateurs en fin de mandat, des mercenaires de Lamothe, de ratifier leur poulain. En dépit des accrocs au règlement du sénat, dont la distribution du texte de la politique générale du gouvernement 48 heures avant cette déclaration devant cette chambre, le président du Grand Corps, Dieuseul Desras, a quand même avalisé la procédure de ratification. La propension du sénateur Youri Latortue à faire des débats juridiques n”était pas au rendez-vous; il s’est tue comme un maudit ignare. Une chambre des sénateurs remplie de juristes a accepté à la majorité de violer tous les principes démocratiques, à l’exception de 8 sénateurs, dont Anick François Joseph, Stevenson Benoit, et j'en passe, qui ont laissé l’Assemblée.

Youri Latortue et Joseph LambertCombien ses sénateurs ont-ils été payés pour vendre leur âme à la cause de Laurent Lamothe ? Ils l’ont tellement fait sans aucune élégance que cela répugne encore davantage. Tout le monde s’y attendait car plusieurs sénateurs n’étaient présents que pour voter pour la politique générale du Premier ministre. Ils étaient là pour donner un chèque en blanc à ce dernier. Et pourtant cela devrait être le moment d’entamer le débat sur les grandes orientations de ce gouvernement, de démontrer la faisabilité ou pas des propositions du chef de la primature. Non, les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général selon l’attitude et le comportement des sénateurs.


La pauvreté généralisée d’Haïti est la cause de ces comportements déviants. La crise généralisée, tant matérielle qu’intellectuelle, explique depuis longtemps la descente aux enfers du pays. Cependant, depuis plus de 50 ans, cette chute libre s’amplifie et, aujourd’hui, cet atterrissage est consommé. Haïti peut-elle aller plus bas que ça ? J’ose espérer que nous avons atteint le fond du baril.

http://haiti-tribune.blogspot.com/

Grammaire de la pensée philosophique haïtienne (4 de 5)

Jouer à l'autruche; angoisse de la vérité→→→→ Le groupe musical, Les frères Parent, dans les années 80, disait que les problèmes Est-...