Passer au contenu principal

La cérémonie de ratification diabolique au sénat : une parodie de mauvais goût

Suite à la cérémonie diabolique au sénat pour arriver à la ratification de Laurent Lamothe, les 8 sénateurs qui n’ont pas voulu participer à cette morbide, dont Jean William Jeanty, sont amers de voir comment le président de l’assemblée sénatoriale, Dieuseul Desras, a fait fi des règlements du Grand Corps dans le seul but de plaire à des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt et, de surcroit, flanquer la démocratie haïtienne un camouflet digne d’un flibustier des temps coloniaux. Le sénateur Jean William Jeanty ne va pas avec le dos de la cuillère, comme c’est le cas pour le sénateur François Anick Joseph et, peut-être, les 7 autres, il ne voit pas comment l’actuel président du sénat peut continuer à diriger cette noble institution, dont il ne s’est pas montré.

Pourquoi cette course contre la montre pour ratifier le Premier ministre Lamothe si ce n’est pas l’assujettissement du parlement aux desideratas de l’exécutif ? Les propos élogieux du président Desras adressés aux dix sénateurs sortant veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ces Messieurs ont à plusieurs reprises souillé cette institution par leurs comportement et action en faveur d’intérêts strictement personnels. Joseph Lambert était là quand Préval avait livré le pays au proconsulat de Bill Clinton. Youri Latortue et ce même Lambert étaient là pour donner un chèque en blanc à Michel Martelly après sa forfaiture contre le député Arnel Bélizaire. Dieuseul Desras n’est pas aussi un ange. Et patati et patata.

Ce qui est paradoxal, ce même Dieuseul Desras, juriste de son état, de façon démagogique, nous sort d’un «manuel de droit constitutionnel» du professeur Léon Duguit citant Jean Jacques Rousseau des phrases ampoulées qui sont en contradiction avec sa forfaiture. Après avoir bafoué, les règles les plus élémentaires de la démocratie, soit les principes, ce dernier se fait moraliste en donnant des conseils de sage au Premier ministre. Quel culot! Un homme immoral, sans éthique publique, peut-il faire de la morale à quiconque ? Son audace égale l’inconscient d’un ignare. À la différence, ce dernière pêche par son ignorance absolue. En présupposant que le président du sénat est intellectuel, sa faute est punissable de haute trahison!

http://haiti-tribune.blogspot.com/2012/05/haiti-societe-democratique-ou-societe.html
http://haiti-tribune.blogspot.com/2012/03/lamothe-et-martelly-un-coktail.html

Messages les plus consultés de ce blogue

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…

Historique d'un mode de pensée sénile.

L'être humain aime bien se conforter des idées reçues, des lieux communs, bref des recettes toutes faites. Par expérience, je constate souvent si tu décides de changer la façon de faire ou de comprendre, tu as en général plus de 80% des gens qui s'y opposent grosso modo. Le reste, on y trouve des indifférents ou insouciants, qu'on peut estimer à 16%. Et le reste du reste, soit le 4% restant, plus de 3% qui est dans l'expectative. Et enfin, ce qui reste de tous les restes, les esprits dynamiques. Il ne faut surtout pas oublier toutes ces catégories sont stratifiées, donc elles ne sont pas d'une homogénéité parfaite. Ainsi s'y retrouvent des sous-catégories. C'est un constat attesté partout, à la différence, dans les pays où les gens ont reçu une formation dépouillée de religiosité, l'ouverture d'esprit de cette frange les rend plus perméable aux idées nouvelles. L'exemple d'Einstein qui a trouvé un petit noyau de physiciens qui avalisait sa …

Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…