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Messages

Affichage des messages portant l'étiquette démocratie

L’état de droit cessera-t-il un jour d’être un vœu pieux en Haïti?

Comme à l’accoutumée, je me fais toujours un point d’honneur de formuler à mes amis, à mes proches et à mes compatriotes mes vœux les meilleurs pour chaque nouvel an. Mais cela fait plus de deux semaines que je me questionnais si, oui ou non, je maintiendrais cette bonne habitude.
De prime à bord, je me suis dit que cela ne vaudrait absolument pas la peine. Plus les jours passent et plus ils se ressemblent, car ce sont les mêmes maux, les mêmes bévues et les mêmes visages qui déferlent la chronique dans le pays. Mais lorsque mes réflexions se sont convergées vers les quelque rares moments démocratiques, qui dénotent certaines vertus de l’application de l’état de droit, dont j’en suis témoin sous d’autres cieux, je me suis donc évertué à ne pas baisser les bras, car l’écriture est mon exutoire où je traduis en mots mes frustrations, mes déboires, mes douleurs, quand je pense aux comportements infâmes de nos hommes et femmes politique haïtiens, il y a des lustres.


La classe politique…

Juge Jean Serge Joseph: Le martyr d’une justice saine

Le juge Jean Serge Joseph a payé de son sang pour honorer la justice haïtienne, couverte d’opprobre depuis la nuit des temps, mettant en exergue son indépendance des autres paliers du gouvernement. Son héroïsme, son patriotisme et son sens de l’honneur doivent prodigieusement inspirer tous ceux et celles qui se livrent âprement dans le combat pour l’instauration d’un vrai État de Droit dans le pays. Honneur à son courage!
En date du 13 juillet, la nouvelle est tombée comme une trainée de poudre dans la presse locale. À la une, cette périlleuse décision que le juge Serge Joseph a courageusement rendue, en date du 2 juillet 2013, faisant injonction au chef de l’État de mettre à la disposition de la justice haïtienne des hauts commis de l’État-comme témoins, afin de faire le jour sur les accusations de fraudes et d’usurpation de titre portées contre la famille présidentielle, lui a malheureusement couté la vie. Il est mort en héro pour avoir donné valeureusement suite à une poursuite co…

Le mal haïtien : une endémie séculaire (suite)

La crise institutionnelle qui affecte Haïti, depuis plus de 2 mois, fait couler beaucoup de salives. L'irrégularité ou l'illégalité des mesures prises soit par la formation du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), soit du choix arbitraire de ce dernier de 3 membres du Conseil Électoral Permanent (CEP), ou encore la promulgation du décret de la formation du CEP amputée des 3 membres du pouvoir législatif ne doit pas seulement nous dégoûter, répugner, écœurer mais surtout nous appeler à comprendre que, comme disait Marx, «La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants.»

Toutes les pratiques de nos dirigeants de Toussaint Louverture, en passant par Dessalines, jusqu'à Michel Martelly sont des constantes des relations sociales, culturelles, économiques et politiques. Personne n'est épargné aux multiples dérives qui nous guettent. L'inconscient collectif avalise notre morbidité à persister dans la déch…

CHRONIQUE D’UNE CRISE ÉLECTORALE ANNONCÉE

Après tant de levée de boucliers suscitée par le choix incommode des représentants du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), menant à la formation du Conseil Électoral Permanent, le président s’est vu contraindre, par la montée des protestations tous azimuts, d’inviter les protagonistes de la crise à la négociation. Mais il lui était impossible de faire passer la pilule amère du Conseil Électoral Permanent fortement contesté. Il mit abruptement fin aux pourparlers, car la détermination des participants était plus grande qu’il ne l’avait cru. Ils ne sont pas dupes. Ils ont défendu la prééminence du droit et le respect scrupuleux des lois portant sur la création du conseil. À cette fin, ils prônent, pour la plupart, un Conseil Électoral Provisoire pour dénouer l’impasse politique actuelle. Une telle alternative n’a malheureusement pas reçu l’aval du chef de l’État. Mais à quoi bon d’initier un dialogue dont les résultats sont attendus et connus d’avance?

Plusieurs données expl…

Lettre ouverte au Président Michel Martelly du Docteur André Morno

Monsieur Michel Joseph Martelly
Président de la République d’Haiti
Palais national
Son Excellence Monsieur le Président,
Je suis André MORNO, médecin anesthésiologiste, membre de l’association médicale américaine, diplomate de la Société américaine d’anesthésiologie-Fellow du Collège américain d’anesthésiologie. Je pratique dans le pays depuis 1980 après de longues années aux États-Unis et au Canada. J’ai dispensé des cours tant à l’Université d’État d’Haiti qu’à l’Université Notre-Dame d’HaIti où j’ai participé à la formation de plusieurs générations de médecins. Dans ma vie je n’ai jamais été l’objet de poursuites judiciairies.

Les faits:
A mon retour au pays, j’ai fait l’acquisition en 1988 d’une proprieté à Péguy-Ville. En 1994, sur cette propriété, avec des ressources provenant de la vente de ma maison aux États-Unis, de deux prêts de la Sogebel, et d’une ligne de crédit de la Sogebank, j’ai construit sept appartements pour préparer ma retraite. Je vis dans l’un de ces appart…

Haïti, le paradoxe entre la volonté et l’intelligence

Les derniers évènements autour du Conseil Supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ) sont symptomatiques de l'inconscient collectif. La décision du Président de cette institution, fraichement créée, Maitre Arnel Joseph, de surcroit, juge en chef de la cour de Cassation, de choisir les trois membres du Conseil Électoral Permanent (CEP) est pathétique. Faisant fi des règles les plus élémentaires de la procédure administrative, ce juge en chef, chevronné des institutions judiciaires, choisit ces trois membres en l'absence de quorum, de façon arbitraire. Cette façon d'agir est une constante de la mentalité haïtienne. Aucune surprise. Le contraire nous aurait étonné. La levée de bouclier qui s'ensuive n'a pas du tout inquiété ni le président de la République, ni Maitre Arnel Joseph encore moins le parlement, sauf quelques voix, ça et là. La répétition de l'histoire en Haïti à la vie dure : l'invariant de la culture, de la culture politique en dernière instance surd…

Le mal haïtien : une endémie séculaire

La gravité de la situation d’Haïti ne peut être saisie à travers le prisme du conjoncturel ou de l'évènementiel. Diaboliser le nouveau pouvoir, celui de Martelly-Lamothe comme épiphénomène, c'est rater le bateau dans la compréhension des racines du mal qui gangrène ce pays arrivé à sa métastase; il n'est que la reproduction d'un savoir-faire dans l'art de détruire ce pays. Dans l'inconscient collectif, s'imprègnent les germes de destruction massive de tout un peuple : drôle de bizarrerie. Le suicide collectif est orchestré par des élites qui auraient dû être en mesure de se hisser à la hauteur du drame annoncé. À force de mystifier le bon vieux peuple, les élites se mystifient elles-mêmes; elles finissent par prendre des vessies pour des lanternes. Ce pays est un terroir fertile pour les mercenaires, les flibustiers et pirates de tous acabits. L'histoire de ce pays recèle la quintessence de tout ce qui est aux antipodes de la modernité : la zizanie Noi…

LE CSPJ RATERA-T-IL SON RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE?

L’opinion publique haïtienne est accoutumée avec les sempiternelles histoires de pots-de-vin qui altèrent profondément toutes les composantes de la société haïtienne. Cependant, la corruption et la mainmise des hauts fonctionnaires ont atteint son apogée, après l’avènement au pouvoir de M. Joseph Michel Martely, dû au manque de vision à long terme du gouvernement. D’aucun pensait que le gouvernement Martelly-Lamothe était de bonne foi lorsqu’ils ont manifesté leur volonté de finir avec le cycle infernal des institutions provisoires dont le Conseil Électoral, et de consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le sort en est jeté!

Malgré les nombreux scandales qui ont éclaboussé le système judiciaire dans le passé, on se croirait à l’abri des supercheries d’une fonction publique gangrénée, après l’entrée en fonction des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Mais l’histoire vient de nous prouver le contraire. En effet, les organisations de la société civile, l’Ass…

Martelly et Lamothe : La fourberie comme formule de gouverner

La déclaration, à l’emporte-pièce, du garde des sauts de la république, M. Jean Renel Sanon, devant la commission justice et paix du parlement, selon laquelle l’ex-commissaire du Gouvernement se serait trompé de bonne foi lors de l’arrestation du député Arnel Bélizaire, voulant ainsi justifier sa nomination comme juge de paix, est un véritable accroc à la démocratie haïtienne. En effet, l’indulgence de l’équipe au pouvoir pour les bandits notoires, dont Gaby Silencieux, nommé Délégué du nord alors qu’il est recherché par la police, en dit long sur leur complaisance envers ces malfrats. Pourtant, le locataire du Palais National fait très peu cas des récriminations de la société civile et de l’international; Il s’entête dans les nominations des personnages au passé très peu reluisant.
De plus, profitant de cette tribune de parle-menteur, le ministre de l’injustice a aussi remis en question les attributions du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), dont les membres ont finalemen…

Le pouvoir de Martelly, stade suprême de décomposition sociale

Après une année passée à la tête du pays par Sweet Micky, suite à une mascarade électorale du premier tour où l’OEA (Organisation des États Américains) a décidé par des calculs statistiques savants des protagonistes du second tour, dont Mirlande Manigat et Michel Martelly sont les rescapés. Aujourd’hui c’est l’heure du bilan. Pour analyser cette première année du quinquennat du président du compas(musique haïtienne), je porterai une attention particulière sur sa gouvernance, sur son programme d’éducation et, finalement, son programme économique. D’emblée nous dirons que dans les premiers mois, les bonnes intentions et la rhétorique de l’initiative interne ou endogène, contraire à la politique de quémandeur pratiquée par ses prédécesseurs, me paraissaient rafraichissantes. Aujourd’hui cette rhétorique est vide de sens puisqu’elle ne s’accompagne pas d’initiatives concrètes. En effet, le chef de l’état rentre dans les rangs comme ses prédécesseurs et fait appel à l’aide internationale p…

La cérémonie de ratification diabolique au sénat : une parodie de mauvais goût

Suite à la cérémonie diabolique au sénat pour arriver à la ratification de Laurent Lamothe, les 8 sénateurs qui n’ont pas voulu participer à cette morbide, dont Jean William Jeanty, sont amers de voir comment le président de l’assemblée sénatoriale, Dieuseul Desras, a fait fi des règlements du Grand Corps dans le seul but de plaire à des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt et, de surcroit, flanquer la démocratie haïtienne un camouflet digne d’un flibustier des temps coloniaux. Le sénateur Jean William Jeanty ne va pas avec le dos de la cuillère, comme c’est le cas pour le sénateur François Anick Joseph et, peut-être, les 7 autres, il ne voit pas comment l’actuel président du sénat peut continuer à diriger cette noble institution, dont il ne s’est pas montré.

Pourquoi cette course contre la montre pour ratifier le Premier ministre Lamothe si ce n’est pas l’assujettissement du parlement aux desideratas de l’exécutif ? Les propos élogieux du président Desras adressés aux dix…

Haïti : société démocratique ou société corrompue

La séance de ratification au sénat de la République de Laurent Lamothe, hier soir, a donné lieu à une cynisme parodie, avec des cabotins corrompus jusqu’à l’os. Le résultat était connu d’avance. L’heure butoir était minuit afin de permettre aux dix sénateurs en fin de mandat, des mercenaires de Lamothe, de ratifier leur poulain. En dépit des accrocs au règlement du sénat, dont la distribution du texte de la politique générale du gouvernement 48 heures avant cette déclaration devant cette chambre, le président du Grand Corps, Dieuseul Desras, a quand même avalisé la procédure de ratification. La propension du sénateur Youri Latortue à faire des débats juridiques n”était pas au rendez-vous; il s’est tue comme un maudit ignare. Une chambre des sénateurs remplie de juristes a accepté à la majorité de violer tous les principes démocratiques, à l’exception de 8 sénateurs, dont Anick François Joseph, Stevenson Benoit, et j'en passe, qui ont laissé l’Assemblée.
Combien ses sénateurs ont-…

Jacques Attali : analyse fondamentale de la crise financière et économique

Dans l'Express du 27 novembre 2011, Jacques Attali a livré une analyse extraordinaire de la crise financière et économique. En quelques mots, il a touché fondamentalement ce qui fait problème dans le système capitalisme. Dans cet article, l'auteur fait une radiographie des problèmes congénitaux du système, tant du point de vue de la circulation que de l'échange des marchandises. L'outil de la circulation des biens est la monnaie qui est une facilitatrice exceptionnelle dans l'échange des biens entre les acteurs économiques. En revanche, les ressources sont limitées: les matières, l'énergie, et j'en passe.

Le besoin insatiable du capital de faire fructifier à l'infini ses profits l'amène à créer des subterfuges par le biais du secteur financier pour multiplier à l'infini la capacité de croître les capitaux. Ce qu'on oublie trop souvent c'est que la contrainte de la rareté,- puisque les ressources sont limitées -, nous impose des choix ra…

Crise haitienne : Message du président à la nation

Trompe-l'oeil : la farce
Hier, le président d'Haiti, Michel Martelly a adressé à la nation un message pour remercier les sénateurs de leur décision de ne pas approfondir le conflit en passant l'éponge sur l'acte illégal perpétré par le président par l'arrestation du député Arnel Bélizaire le 27 octobre 2011 à l'aéroport Toussaint Louverture. Il demande du même souffle aux députés de sursoir sur leurs velléités d'approfondir le conflit et de suivre la décision de sagesse adoptée par les honorables sénateurs. Et, finalement, le chef de l'État appelle les deux autres corps du pouvoir (le législatif et le judiciaire) de s'asseoir afin de prendre des dispositions pour qu'une telle situation ne se répète plus. En outre, il a parlé d'une loi sur les finances en lien avec la décentralisation.
La ruse politique
À brule-pourpoint, tout cela semble élégant. Le président fait en termes voilés des excuses et demande à tout le monde d'oublier ce qui s&…