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Le pouvoir de Martelly, stade suprême de décomposition sociale

Laurent Lamothe,Sabrina Baker, Michel MartellyAprès une année passée à la tête du pays par Sweet Micky, suite à une mascarade électorale du premier tour où l’OEA (Organisation des États Américains) a décidé par des calculs statistiques savants des protagonistes du second tour, dont Mirlande Manigat et Michel Martelly sont les rescapés. Aujourd’hui c’est l’heure du bilan. Pour analyser cette première année du quinquennat du président du compas(musique haïtienne), je porterai une attention particulière sur sa gouvernance, sur son programme d’éducation et, finalement, son programme économique. D’emblée nous dirons que dans les premiers mois, les bonnes intentions et la rhétorique de l’initiative interne ou endogène, contraire à la politique de quémandeur pratiquée par ses prédécesseurs, me paraissaient rafraichissantes. Aujourd’hui cette rhétorique est vide de sens puisqu’elle ne s’accompagne pas d’initiatives concrètes. En effet, le chef de l’état rentre dans les rangs comme ses prédécesseurs et fait appel à l’aide internationale pour le plus insignifiant des projets.

Durant cette première année, Martelly a accumulé gaffes après gaffes. L’une d’elle est l’arrestation du député Arnel Bélizaire. cette forfaiture est arrivée au moment même où le président a lancé son slogan «Haiti is open for business». Ce n’est pas une quelconque opposition qui a mis le bâton dans les roues du président, c’est lui-même qui s’est tiré dans les pieds. Du 14 mai 2011 à aujourd’hui, c’est son quatrième choix de Premier ministre avec Laurent Lamothe, après la démission Garille Conille qui n’a passé que quelque trois mois à la tête de la primature. Aussi la tendance du président à fonctionner en dehors du cadre légal est symptomatique. Le fond d’éducation, qui est une ponction sur les frais d’appel internationaux et les transferts d’argent de la diaspora, n’a encore fait l’objet d’aucune loi cadre. Sans compter les différents propos ou gestes désobligeants  du président à l’égard de la Presse.

Sur le plan de sa politique d’éduction, au début sa volonté de mettre à l’école les enfants étaient très louables. Mais, avec le temps, son programme est devenu une vaste farce quand il a prétendu avoir mis à l’école 1 millions d’enfants. Là le président prend tous les Haïtiens pour des cancres. À quelles écoles, dans quels espaces, avec quels enseignants le chef de l’état a-t-il réalisé ce rêve chimérique ? Quand on connait la médiocrité générale des maitres dans le système scolaire, quand on sait que l’éducation doit s’articuler autour d’un projet de société, quand sait que le matériel pédagogique était inadéquat et insuffisant avant cette fameuse «politique», de quelle éducation parle notre cher président ?

Finalement, sur le plan économique, les intentions n’ont pas cédé le pas au pragmatisme. La pensée mystico-scientifique, soit avec la fameuse politique de la diplomatie des affaires et le dévouement de la ministre du tourisme dans la  promotion du tourisme sans créer des conditions objectives, se manifeste clairement par ces exemples et fait montre l’incapacité de ces gens de penser le développement de façon cohérente. La dernière perle en date c’est la prévision de Laurent Lamothe dans sa politique générale de faire d’Haïti en 2030 un pays émergent, c’est-à-dire un pays comme le Brésil, par exemple. Qu’avait-il fumé ce jour-là, ce cher Lamothe ? Un conseil salutaire : change de fournisseur.

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