Passer au contenu principal

Haïti is open for business

Martelly sur tous les fronts


Cette semaine, Haïti a connu une effervescence en ce qui a trait aux projets d'investissement, soit par la conférence de deux jours à l'hôtel Karibe où s'est réuni environ 500 investisseurs étrangers afin de leur présenter les opportunités qu'offre le pays. Le Lundi 28 novembre, c'était l'inauguration du Parc industriel du Nord. Lors de la conférence, le gouvernement a annoncé la création d'un guichet permettant aux investisseurs d'enregistrer leurs entreprise à l'intérieur de 10 jours. Deux jours plus tard, Michel Martelly accompagné d'une forte délégation gouvernementale, s'envolait pour Caracas, la capitale du Venezuela au sommet des Chefs d'État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caraibéens (CELAC). Le président ne chôme vraiment pas.

Une rupture libératrice


Que l'on soit pro ou contre Martelly, une chose est sûre, il est en rupture dans son approche du développement d’Haïti avec tous les présidents des cinquante dernières années. Ceux-ci se complaisaient à quémander de l'aide aux bailleurs internationaux. Cette mentalité de mendiant avait crée tant au niveau de la population, en général, et des classes dirigeantes, en particulier, un comportement d'assistés sociaux. Durant toutes ces années, la situation générale du pays se dégradait. Pour n'importe quoi, c'est à la communauté internationale qu'ils s'adressaient. En revanche, Martelly, quant à lui, propose aux investisseurs internationaux les opportunités d'investissement en leur présentant le pays suivant ces avantages comparatifs, soit au niveau culturel, de la main-d’œuvre, environnemental et autres. C'en est une rupture organique évidente, donc une autre façon de penser le développement.

Des idées à leur réalisation


En dépit de cette approche nouvelle de voir le développement, le volontarisme du président Martelly laisse un peu perplexe dans la mesure où il y a un manque de rigueur au sein du gouvernement. On espérerait qu'il ait des gens de caractère autour de la présidence afin de structurer ses bonnes intentions. Le Premier ministre, Gary Conille, ne semble pas avoir assez de caractère pour donner un élan organisationnelle et structurelle aux esquisses de bonne volonté du président. Autrement dit, les dirigeants doivent penser le développement globalement en établissant un plan qui tiendra compte de la transversalité des problèmes et des solutions plausibles. Bref, le problème du sous développement est aussi bien éducatif, économique, social et, même, culturel (la mentalité de mendiant, par exemple).

Finalement, pour que Martelly réussisse, il faut bien qu'il se débarrasse des conseillers incompétents ou qui ne sont pas capables de remplir leur rôle d'experts et non de flagorneurs. Quant à la volonté de bien faire, on ne peut le lui enlever. Cependant, penser le développement est plus qu'une question de bonnes volontés, c'est une question hautement scientifique, à laquelle il faut appliquer la rigueur de la science.



Messages les plus consultés de ce blogue

Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…

Le nationalisme démagogique : appel au peuple pour financer les élections.

Tous les peuples ont un fardeau mental qu’ils portent en eux : l’inconscient collectif. Nous agissons suivant une sorte d’algorithme historique, que je pourrais appeler récursivité historique. C’est une boucle récurrente (laviwondede) invisible qui nous fait battre la mesure sur place. Le jour où on arrive à enprendre conscience, on peut y regarder de plus près et voir en quoi que cela nous est salutaire ou fatal. Là, et seulement là, que l’on commencera véritablement à se diriger à bon port, à mettre la main sur le drame, s’il y a lieu, ou sur le génie, s’il s’avère. Malheureusement, il y a des peuples qui restent trop souvent engoncés dans trop de schèmes mentaux vieillots : les Britanniques ont perdu en partie leur hégémonie par manque de formation d’ingénieurs, les Chinois se croyaient le nombril du monde, d'où l'appellation de l'Empire du Milieu autrefois, et les français par trop d’élitisme de leur système d’éducation selon Daniel Cohen. Et les Haïtiens, j’ajouterai,…