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La milice de Martelly : réalité ou fiction?

Depuis, au moins deux moins, le sénateur Moïse Jean-Charles ne cesse de nous répéter la présence d’une milice à la solde de Michel Martelly. D’autres acteurs de la société civile ont fait le même constat : la milice rose existe bel et bien. Le récent communiqué de presse du ministre de l’Intérieur qui déclare illégal toute activité militaire dans les anciennes bases de l’ancienne armée semble être un désaccord formel des instances gouvernementales face à la décision, apparemment unilatérale, des anciens membres de l’armée de recruter et de former des militaires. La timidité avec laquelle le gouvernement traite cette affaire rend perplexe même le plus crédule des citoyens.

Michel Martelly est en train de jouer avec le feu dans la mesure où il va l’encontre des principes élémentaires : les principaux bailleurs de fond d’Haïti, dont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne, se disent opter pour le renforcement de la police nationale. A l’intérieur du pays, les gens sont contre le retour d’une force paramilitaire, à l’instar des macoutes de Duvalier; cependant, tous s’accordent pour dire que toute décision de rétablir l’armée doit tenir compte du rôle que cette institution aura à jouer dans la sécurité du pays et de concert avec la communauté internationale : elle ne doit pas être une force d’occupation, à l’instar de l’ancienne force armée.

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Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…

Le nationalisme démagogique : appel au peuple pour financer les élections.

Tous les peuples ont un fardeau mental qu’ils portent en eux : l’inconscient collectif. Nous agissons suivant une sorte d’algorithme historique, que je pourrais appeler récursivité historique. C’est une boucle récurrente (laviwondede) invisible qui nous fait battre la mesure sur place. Le jour où on arrive à enprendre conscience, on peut y regarder de plus près et voir en quoi que cela nous est salutaire ou fatal. Là, et seulement là, que l’on commencera véritablement à se diriger à bon port, à mettre la main sur le drame, s’il y a lieu, ou sur le génie, s’il s’avère. Malheureusement, il y a des peuples qui restent trop souvent engoncés dans trop de schèmes mentaux vieillots : les Britanniques ont perdu en partie leur hégémonie par manque de formation d’ingénieurs, les Chinois se croyaient le nombril du monde, d'où l'appellation de l'Empire du Milieu autrefois, et les français par trop d’élitisme de leur système d’éducation selon Daniel Cohen. Et les Haïtiens, j’ajouterai,…