Passer au contenu principal

La ratification de Laurent Lamothe, une vaste politique de corruption

Laurent Lamothe
Où va Haïti ? On se serait fortement tenté de répondre par la négative dans la mesure où sur l’échiquier politique, les acteurs sont de si peu calibres, et de malhonnêteté évidente, qu’ils n’inspirent aucune confiance. Je parle particulièrement du parlement et de l’exécutif en général. L’approbation par le sénat, il y a plus d’une quinzaine de jours, de Laurent Lamothe suite à un rapport à l’emporte-pièce sur son éligibilité ou pas et le saupoudrage pécuniaire ou autres de plusieurs sénateurs, et les allégations de pots-de-vin de Lamothe pour acheter le vote de certains députés cette semaine pour sa ratification comme Premier ministre, pourrait amener le plus optimiste des observateurs de la scène politique à perdre tout espoir d’une lueur de sortie aux enfers d’Haïti.

Le Premier ministre ratifié par le parlement est crédité de l’épithète dynamique, surement par ce qu’il a orienté la chancellerie vers son fameux slogan de la diplomatie des affaires. Cette absurdité de la diplomatie des affaires que j’ai démonté dans un de mes billets a donné au chef de la primature ses lettres de noblesse auprès de plusieurs parlementaires. Ne pleurez pas. Riez. Alors pourquoi ces parlementaires ont-ils besoin de monnayer leur vote ? Aussi pourquoi l’enquête sur la nationalité de Sweet Micky est mort au feuilleton ? Pourquoi les députés ont-ils décidé de sursoir sur la mise en accusation de Martelly suite à l’arrestation du député Arnel Bélizaire? Nous soulevons ces questions pour faire montre le caractère inconsistant de beaucoup de ces législateurs. En conséquence la ratification de l’ancien ministre des affaires étrangères ne doit surprendre personne.

Maintenant que le cocktail Martelly-Lamothe est prêt, attendez de voir s’il est digestif, comme je l’ai analysé dans plusieurs de mes billets, dont celui intitulé : Lamothe et Martelly, un cocktail désagréable pour Haïti. Attendons de voir la composition des membres de ce gouvernement pour voir si Laurent Lamothe est capable de s’entourer de gens qui ont les qualifications, la probité et l’intelligence nécessaires afin d’établir une méthodologie éprouvée pour s’attaquer a la dure réalité globalement misérable du pays. Là nous pourrons déclarer avec certitude si notre supputation s’avère ou pas. Laissons la chance, pour l’instant, au coureur; espérons que la montagne n’accouchera pas d’une souris.

Messages les plus consultés de ce blogue

Haiti : un théâtre de boulevard

Rires, sarcasmes, moqueries, les sénateurs Willot et Gracia Delva en ont soupé. Personne ne pourrait résister devant tant de médiocrité. Gracia Delva lui-même dans une de ses chansons disait qu'il y avait plein de gens qui tronquaient leur place et concluait que c'était le mal du pays. Le pays marchait sur sa tête. Gracia et Willot sont-ils donc à leur place? La réponse est évidemment non. Mais combien de gens durant les deux cents dernières années étaient à leur place, à la place qui leur convenait? Une minorité insignifiante. Il est vrai qu'on estime les gens chez nous à l'aune du parler-français. Mais est-ce la bonne unité de mesure de la compétence et du savoir?  En dehors de la grandiloquence de nos sénateurs d'autrefois, dont on fait trop souvent l'apologie, que produisaient-ils de valables toutes proportions gardées ?

Le noeud du problème, c'est qu'on n'a jamais hissé le pays à un niveau respectable pour que les habitudes de la vie moderne s…

Historique d'un mode de pensée sénile.

L'être humain aime bien se conforter des idées reçues, des lieux communs, bref des recettes toutes faites. Par expérience, je constate souvent si tu décides de changer la façon de faire ou de comprendre, tu as en général plus de 80% des gens qui s'y opposent grosso modo. Le reste, on y trouve des indifférents ou insouciants, qu'on peut estimer à 16%. Et le reste du reste, soit le 4% restant, plus de 3% qui est dans l'expectative. Et enfin, ce qui reste de tous les restes, les esprits dynamiques. Il ne faut surtout pas oublier toutes ces catégories sont stratifiées, donc elles ne sont pas d'une homogénéité parfaite. Ainsi s'y retrouvent des sous-catégories. C'est un constat attesté partout, à la différence, dans les pays où les gens ont reçu une formation dépouillée de religiosité, l'ouverture d'esprit de cette frange les rend plus perméable aux idées nouvelles. L'exemple d'Einstein qui a trouvé un petit noyau de physiciens qui avalisait sa …

Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…