samedi 6 juillet 2013

Réveillez-vous Haïtiens, nos élites sont des ignorants!

- Mettons les choses au clair. Ne gesticulons plus pour faire croire qu'on existe, et pourtant on est bien à l'article de mort. Bref, venons-en à un regard froid de la réalité haïtienne. Quelles sont les deux attributions de l'État? Le monopole de la contrainte physique, donc de la violence, et de la fiscalité. L’État haïtien possède très partiellement ces attributions : l'affaire Brandt et le conflit avec la République Dominicaine illustrent bien que l'État haïtien n'est nulle autre chose que l’Exécutif et qu'il n'a aucune prise sur la réalité d'aucune manière. Autre chose palpable c'est qu'en Haïti les affaires de l'État se règle sur la place publique, à la radio pour être précis. Où est donc la noblesse de l'État?

Du monopole de la violence 

- La MINUSTAH : qu'on devrait plutôt appelé la TOURISTA. Le 12 janvier 2010, à la suite du tremblement de terre, cette force de mercenaires de l'ONU a fait montre clairement qu'elle n'était qu'un repère de jouisseurs sur le dos du pays. Ensuite, après 9 ans de la présence de cette force en Haïti, le bilan est négatif : deux élections bordéliques, l'élection de Préval et celle de Martelly; le choléra; les agressions sexuelles multiples, etc..

Du monopole de la fiscalité

- Nos frontières n'existent pas car les produits dominicains rentrent comme dans une savane; plein de personnes ne possèdent un acte de naissance, donc des gens sans prétention à la citoyenneté; les services de fiscalité fonctionnent aux humeurs des fonctionnaires ou de l'Exécutif. Ce sont là que quelques éléments significatifs.

Les voies de sorties de la crise

- De la société civile : une bande éparse de gens qui gesticule en cadavres frais; ils ne comprennent rien ou ils savent qu'un pays d'accueil les attend à bras ouvert. Comment une structure économiquement inexistante peut-elle produire des rejetons à la colonne vertébrale verticale? Des produits d'un système d'éducation autoritaire peuvent-ils fonctionner en association? N'est-ce donc pas à l'école qu'on apprend à dialoguer, à contredire nos profs où à essayer de leur dérouter?

- Des guerriers de la plume

Nous nous offusquons à chaque fois que des attaques proviennent des étrangers. A chaque fois, nos intellectuels, ou ceux prétendus tels, prennent leur plume pour faire la guerre littéraire à ces détracteurs de la race noire dirait Louis Joseph Janvier (Comique Janvier)...

- Un système d'éducation amorphe

Wilson Saintelmy, à qui j'envoie un coup de Chapeau, est catégorique en disant que nous ne sommes pas des producteurs de connaissances mais des consommateurs. J'ajouterais de mauvais consommateurs car nous restons à la forme déclarative des connaissances, et bien souvent mal assimilée. Un nombre négligeable puisse se targuer de connaissances procédurales et pour les connaissances conditionnelles ou inductives, suivant Spinoza, il faut chercher longtemps; on en trouve comme une aiguille dans une botte de foin.

Finalement, beaucoup de nos prétendus docteurs lisent très peu ou pas du tout :

- ils ne font que feuilleter les livres ou à partir de ce que disent d'autres : la culture de l'oralité;
- un exemple. Des Haïtiens, des prétendus in-tel-lec-tuels haïtiens qui parlaient de littérature dans un lieu public à Montréal, se sont fait fermer les bouches par un Québécois qui leur parlait de littérature haïtienne à partir de lecture critique de cette littérature. La morale de l'histoire c'est que ces Messieurs n'avaient lu aucun de ses livres dont ils parlaient avec autorité.
- cette année même, des chercheurs Allemands ont prouvé discrètement que nous ne savons absolument rien de notre histoire. D'ailleurs, cette histoire qu'on chérit tant, cela fait pitié que les meilleurs spécialistes de notre histoire soient des étrangers, que les sciences sociales soient aussi misérables que le pays, que les sciences dures ne soient chimériques.

- Nos agronomes sont des chômeurs, des politiciens, des travailleurs de la Presse, etc. Ils font tous autres métiers, sauf être dans les champs à aider à la production nationale. Cela n'est pas nouveau; cela n'a jamais été différent. De même pour nos médecins, ingénieurs, et j'en passe.

- il faut sortir du marronnage sur toutes ses formes; il faut faire un vrai examen de conscience. Quand des gens qui ont prétendument des connaissances livresques posent méthodiquement mal la question haïtienne, il y a de quoi s'inquiéter sur la pérennité de ce pays. Non, je refuse de m'associer à des gens qui ont usurpé leur place indument. Le rôle de tous haïtiens conscients de la vraie lutte à mener, c'est de chasser ces sophistes. Michel Martelly et sa clique sont des produits jalousement confectionnés par ces derniers, volontairement ou involontairement. L’essentiel cela prouve que le nombre de ceux qui savent vraiment lire est très mince. Par lire, j'entends la capacité de décortiquer les informations au premier, deuxième, troisième, et même quatrième niveau; aller au-delà de l'entendement, c'est-à-dire aux connaissances transcendantales au sens kantien. Les complots fomentés contre Anténor Firmin pour ne pas se hisser à la plus haute marche des pouvoirs de l’État illustrent bien la petitesse intellectuelle de cette élite de Robe…

Ernst jean Poitevien


http://haiti-tribune.blogspot.ca/2013/06/haiti-le-remplacement-des-elites-est.html

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