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Haïti, pourquoi la commémoration du séisme!

L'espoir s'est changé en déception

Palais national d'haiti, six ans après le séisme »Qu’est-ce qui a bien changé suite au séisme du 12 janvier 2010? Absolument rien. Il fallait s’y attendre mais notre attachement à ce pays peut nous éluder le caractère foncièrement délétère des élites. Cependant nous avions crû, heureusement pas plus que deux semaines après cet hécatombe, que quelque chose  pourrait changer dans ce pays jusqu’à ce que Préval soit sorti de son mutisme, que les ONG envahissent Haïti et que le naturel revienne au galop, donc le chacun pour soi primaire, qui se traduit par le mépris du plus grand nombre de nos élites et que le peuple subsume par mimétisme admiratif. A la conférence de Montréal, à peine quelques mois après le séisme, où, en pleine conférence, Préval appelait Jean Max Bellerive pour quémander des tentes, l’inélégance de ce geste nous a abasourdi et gêné au point  d’avaler, soudainement, toute notre fierté de peuple qui a réalisé l’une des prouesses la plus grandiose de l’humanité en la geste de 1804.

La suite des jours, des mois et cette quatrième année de commémoration nous amènent à croire qu’on se moque allègrement de ces centaines de milliers de morts, car le sursaut attendu a fait place à la déception et au mépris même. Il en résulte de ce tragique moment de notre histoire l’insouciance de l’avenir et la légèreté excessive de nos élites dans la gestion des grands dossiers sensibles d’intérêt national. Leur manque d’altruisme et de conviction patriotique bien ancrée, pour mener à bien la lutte universelle de la liberté et de la justice sociale pour les masses haïtiennes opprimées, est étalé au grand jour.

Le naturel revient au galop

Quatre ans après le séisme, les déshérités continuent déplorablement à en pâtir et se retrouvent confinés au comble du désespoir, ne sachant plus à quel saint se vouer pour soulager leur misère. Aussi, cette commémoration permet-elle de mettre en exergue l’hypocrisie révoltante de la communauté internationale qui feint de voler au secours du peuple haïtien, alors que nous sommes tous unanimes à convenir que l’aide internationale ne profite qu’aux pays donateurs qui créent des opportunités d’affaires pour leurs propres entreprises, afin d’écouler leur surplus de production et de créer des emplois locaux. Voilà pourquoi, notre agriculture, qui contribuait jadis à la croissance de notre PIB, se périclite à un rythme inquiétant qui dépasse l’entendement humain, laissant les paysans seuls à leur destin. À titre d’exemple, ils reçoivent, en guise d’engrais, des produits finis qui les découragent à cultiver leur propre terre arable. Donc la finalité de cette aide déguisée répond précisément à une politique économique purement expansionniste des donateurs. Cependant, la seule aide sur laquelle la population haïtienne peut vraiment compter est celle de la diaspora qui contribue à hauteur de vingt pour cent du PIB. En outre, ces bénéficiaires reçoivent 100 pour cent de cette aide (source : touthaiti.com).

L’on comprendra pourquoi l’aide massive de 5 milliards qui s’est plu averse sur Haïti n’a pas pu alléger les conditions infrahumaines de quelque 10 millions d’âmes. Malgré un élan de solidarité international, le pays n’en mène toujours pas large quatre ans après le puissant séisme. À preuve, les membres de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti ( CRIH ) éprouvent toutes les peines du monde à procéder à une évaluation exhaustive des priorités qu’ils s’étaient fixées comme objectif lors de la formation de cette commission. Bien entendu, le laxisme et le comportement infâme de nos élites ne font montre d’aucune velléité de contraindre les dirigeants de la dite commission à se conformer aux principes les plus élémentaires de la gestion, faisant même la sourde oreille sur les critiques acerbes des médias nationaux et internationaux sur l’inefficacité de la gestion de l’aide. Tout est possible avec la petitesse de nos hauts fonctionnaires de l’état.

Appauvrissement ou aide internationale

Aide conditionnelle ou aide déguisée, quelque soit son appellation leur ambition subreptice demeure la même. Le tremblement de terre de 2010 a permis de lever la voile à la fois sur la fourberie de la communauté internationale et la désinvolture de nos dirigeants politiques. De par le monde, l’opinion publique est à même de se faire une idée exacte, grâce à l’émergence des médias alternatifs qui atténue l’ampleur de la campagne de désinformation des Main Stream médias, de la politique d’annexion des pays les plus industrialisés, dont les États-Unis. Ces derniers perdent, en effet, de plus en plus de leur poigne sur le monde, particulièrement dans l’Amérique latine où plusieurs pays ont fermement résolu de prendre leur destinée en main. Une redoutable décision qui est lourde de conséquences, car les pressions de la machine impérialiste sont de plus en plus agressives et très menaçantes. Mais nombreux sont les dirigeants des pays latino américains qui tiennent mordicus à l’amélioration effective du sort de leurs confrères laissés pour contre et qui maintiennent résolument le cap vers une distribution équitable de leur richesse à leurs concitoyens.

Sortir le pays du cercle infernal du sous-développement chronique est le cadet du souci de l’international, tandis que la classe politique haïtienne a démissionné. Or l’intelligentsia haïtienne est obsolète et devrait nécessairement être renouvelée afin d’y apporter un nouveau souffle. De ce fait, il incombe à la jeunesse haïtienne de se prévaloir du droit, des devoirs et des responsabilités patriotiques afin de redonner du souffle à la lutte démocratique en Haïti. Ce faisant, le pays cessera un jour d’être un marché sans contrainte aucune pour les produits avariés de la République dominicaine, qui sont souvent aux prises avec un surplus de biens et de service. Haïti a besoin d’investissement direct pour gagner la dignité et le respect qui tient compte de son histoire et de sa culture.

Denis Jules

http://haiti-tribune.blogspot.com/2014/01/haiti-finissons-en-avec-la.html

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