Passer au contenu principal

L’élection brésilienne, un enjeu mondial


Le sens de cette réélection : national et international

L’élection brésilienne de ce dimanche constitue un enjeu capital dans la bataille politique au niveau mondial. Le poids de ce pays dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes et son affranchissement de la domination américaine depuis plus d’une bonne dizaine d’années ont contribué à l’autonomie de ce Dima Roussef lors de sa réélectionsous-continent face aux géant du Nord, les États-Unis. Mais cette autonomie commence bien a dérangé l’Oncle Sam. Les initiatives autonomistes de la politique brésilienne dans les relations internationales qui vont pour l’essentiel à l’encontre de la politique américaine, si l’on considère tout simplement la participation active du Brésil au BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) regroupant des pays comme la Chine et la Russie qui dame sérieusement le pion aux Américains, on peut comprendre aisément la velléité de ces derniers de voir Dilma Rousself échouer dans sa quête d’un deuxième mandat à la présidence du géant sud américain. Aécio Neves, le concurrent de la présidente sortante, serait beaucoup plus sortable pour les Américains, étant un homme de droite.

Dans cette perspective, la défaite de Roussef réjouiront les Américains au plus haut point, car ce serait la fin du projet de la constitution d’une banque concurrente à la Banque Mondiale et au FMI(Fonds monétaire Internationale), outils par excellence de soumission des pays récalcitrants  face aux États-Unis, qui a été décidé lors de la réunion des pays du BRICS au Brésil, les 14 au 16 juillet de cette année. L’impact d’une telle réalisation saperait davantage l’hégémonie américaine et donnera un sérieux coup de massue aux institutions d'après la deuxième guerre mondiale, donc de Brettons Woods. C’est aussi dans cette perspective qu’il faut voir les différents conflits qui opposent les Américains à deux pays de ce regroupement, dont la Russie et la Chine. Le rapprochement de ces derniers crée un contrepoids majeur à la puissance états-unienne par la signature d'accords économiques, telles la construction d’un réseau gazier pour l’acheminement de ce produit en Chine et la construction d’une ligne ferroviaire de train à grande vitesse qui rejoindra les deux capitales, et de surcroît l’abandon du dollar, constitue un pied de nez majeur à la puissance américaine.

Les relations internationales et la réélection de Dilma

C’est donc dans ce prisme qu’il faut voir cette élection. On peut comprendre aisément l’intérêt que porte l’Oncle Sam pour cette élection et leur menée dans la promotion d’une défaite de la candidate du Parti des Travailleurs de Dilma Roussef. Ce n’est pas un hasard si durant cette campagne électorale les couteaux ont volé très bas : les attaques personnelles de part et d’autre ont été assez musclées, dixit Le Figaro. Neves d’ailleurs annonce déjà les couleurs quant à sa volonté de se rapprocher des États-Unis et de l’Union européenne. Contrairement à la présidente sortante qui voudrait continuer sa politique d’intégration régionale avec les pays de l’Amérique latine et les pays du BRICS. Quant à Neves c’est le retour purement et simplement aux politiques néo libérales.

Ce dimanche, le vote des Brésiliens aura un impact certain sur l’Amérique latine et le reste du monde. Il réjouira les Américains ou les décevra suivant qu’il aille du coté de Neves ou Roussef. Dans le premier cas, les Américains auront marqué un point très important en soustrayant le géant de l’Amérique dans la mouvance du BRICS. C’est donc deux visions du monde diamétralement opposées qui s’affrontent. Dans moins de 24 h, soit 20h aujourd’hui, nous saurons le verdict des urnes…

Ernst Jean Poitevien


http://www.lefigaro.fr/international/2014/10/24/01003-20141024ARTFIG00296-presidentielle-aubresil-le-choc-de-deux-projets.php
http://www.mondialisation.ca/les-enjeux-mondiaux-de-lelection-presidentielle-au-bresil/5404525

Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

Problématique haïtienne : entraves à la sortie de la crise…

Quels sont les facteurs qui influencent la répétition ou le retour incessant des mêmes problématiques sans qu'on y arrive à s'en sortir? Quelles sont les forces de freinage à la sortie de cette crise bicentenaire? Pourquoi les mouvements d'avant-gardes ne se sont-ils jamais trouvé une voix de sortie à cette crise? Pourquoi les forces progressistes ont-elles toutes échouées piteusement? Comment se sont-elles prises face aux forces rétrogrades pour mener leur combat? Ce sont là un ensemble de questionnements qui me trottait dans la tête. On a vu ailleurs des forces minoritaires dans la lutte sociale deviennent hégémoniques. En revanche, en Haïti, nos forces progressistes ne sont jamais arrivées à imposer leur point de vue; elles sont tuées dans l’œuf à leur premier balbutiement. Les idées d’un Edmond Paul au XIXe siècle en matière d’éducation et d’économie sont d’une modernité exceptionnelle. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’une œuvre aussi monumentale d’Anténor Firmin…

Les apories contagieuses de la pensée haïtienne

«L’élite haïtienne est comme un voyageur en première classe qui ne se soucie pas de la présence d’une bombe en classe économique». Cette catachrèse de Dany Laferrière m'a interpellé depuis que j'en ai pris connaissance. Elle n'est pas l'unique formule creuse dont on se fait les champions. Il y a bien sûr celle de Louis-Joseph Janvier telle que «Haïti est un singulier petit pays.» Et bien d'autres. Les complaintes, les reproches, les invectives, les attaques de toutes sortes face à cette élite, toutes catégories d'élites confondues, soit par des membres de cette élite ou non ou des étrangers, ne tarissent pas depuis au moins un siècle. En dépit, ou malgré, toutes ces déceptions ou haines, les choses ne s'améliorent pas pour autant. On s'évertue à trouver des procédés rhétoriques les uns plus puissants que les autres pour gagner la palme d'or de la plus belle métaphore. 
Personne ne pourrait contester la beauté de cette citation de Dany. La première …

Pourquoi Haïti est-elle si pauvre?

A mon tour, aujourd'hui, de répondre à cette question de façon concise, sans fla-fla : pourquoi Haïti est-elle si pauvre? Parce que l'esprit de la majorité d'entr'eux-nous est si pauvre qu'on ne fait que de la récitation et pas de la créativité. Nous sommes enfermés dans une prison mentale qui nous empêche de voir, même pas la p'tite Sentaniz dans les grands livres qu'on se plaise à réciter à satiété, comme l'a si bien mentionné Maurice Sixto dans ses observations sociologiques d'Haïti. Demande à un Haïtien de te faire la critique d'un texte, la première, et parfois la seule et unique remarque qu'il te gargarise, c'est la forme, donc les erreurs linguistiques ou la beauté ou non du texte, selon lui. La deuxième, suivant le niveau de scolarité de cette personne, c'est si tu fais étalage de tes connaissances par tes citations ou reprendre des idées des grands maitres. Si ces deux premières conditions sont remplies, tu deviens un lokob…