Passer au contenu principal

Messages

La démission du Premier ministre haitien Gary Conille

La démission de Gary Conille ne surprend aucun observateur attentif de la scène politique haitienne. Le Premier ministre, dès le début de son entrée en fonction, avait clairement un titre honorifique : infantilisé par le président Michel Martelly qui, lors l'investiture de celui-ci, démandait aux journalistes de le laisser tranquille pour s'occuper de problèmes administratifs, tandis que lui s'occuperait d'interagir avec eux pour leur servir matière à des nouvelles piquantes. Dans deux articles écrits au courant du mois de décembre nous avons relevé un certain nombre d'incongruités entre le rôle politique Gary Conille et celui que lui attribue le chef de l'état. De plus, aucun des ministres ou secrétaires n'a été choisi par le chef de la primature.

Le pouvoir insignifiant du Premier ministre, comme on l'a vu, était évident dès sa nommination. On disait à la blague que celui-ci n'avait même pas le pouvoir d'un caporal. Ces dernieres semaines, ave…

Les élites haïtiennes : des canards boiteux

Durant les vingt-six dernières années, le pays a reculé à tous les niveaux. Imaginez seulement qu'à l'époque des Duvalier, Haïti présentait un tableau sombre et, après ces derniers, la dégringolade s'amplifiait. Le résultat ne pouvait pas être plus catastrophique. Le séisme du 12 janvier 2010 est venu compliqué les choses dans un pays où le chacun pour soi est la règle. Pensez en terme macroéconomique est une lointaine perception ou réalité: il manque d'intellectuels organiques dans le sens de Gramsci. Il manque tout simplement de penseurs qui constitueraient une masse critique. On trouve ça et là d'échantillons de penseurs noyés dans la masse de médiocrité.


Frantz Fanon
N'est-il pas vrai que l'intelligence est la faculté de contourner les contraintes inhérentes à la vie en général? L'intellectuel étant celui qui utilise son cerveau comme moyen de faire face aux contraintes, donc d'en proposer des solutions pratiques, il est donc de son ressort d'…

Haiti, le carnaval de Sweet Micky aux Cayes

Sweet Micky, le président d'Haïti, est aux anges durant cette période carnavalesque. Durant ces périodes, quand il n'était pas encore président, c'était le moment pour lui de donner libre cours à son imagination sordide. Qu'on se rappelle de ses propos grossiers ou ses prestations de son char allégorique qui étaient carrément une offense à la morale publique. Aujourd'hui, pour cette période carnavalesque, l'ancien président du compas, n'a pas chômé : l'attaque par le président accompagnée d'une horde de malandrins à coup de pierre et d'armes automatiques des étudiants de la faculté d'ethnologie est dans la suite de ce que Michel Martelly a toujours fait durant ces périodes de réjouissance collective.



Jean-Claude Duvalier, Retour du dictateur

Il y a vingt-six ans, l'un des régimes les sanguinaires de la planète a pris fin par la conjugaison de forces interne et externe. Le soulèvement populaire, suite à la mort de trois jeunes élèves aux Gonaïves le 30 novembre 1985 va faire boule de neige et créer un mouvement de révolte générale contre la dictature. L'intervention des États-Unis et de la France ont donné le dernier coup de grâce au régime duvaliériste (père et fils). La transition est assurée par un Conseil national de Gouvernement (CNG) composé de six membres, dont quatre sont des militaires et de deux civils et dirigé par un militaire au nom de Henri Namphy. Maître Gérard Gourge, le seul personnage crédible de ce conseil démissionne quelque temps après.

 La chute de Jean-Claude Duvalier suscitait dans les communautés haïtiennes vivant à l'extérieur du pays beaucoup d'espoir. Le retour au pays natal était sur les lèvres de nombreux Haïtiens. Cependant, l'espoir s'est vite tourné en cauchemar avec…

Les racines profondes de la crise structurelle haïtienne

Aujourd'hui, je voudrais partager avec vous ma réflexion sur les racines profondes de la crise haïtienne qui perdure depuis au moins 208 ans. Après avoir réalisé une révolution, en 1804, qui est la révolution la plus importante, depuis la découverte de l'écriture, dans l'histoire de l'humanité, ce pays s'entête à creuser sa descente aux enfers. Il est évident que le racisme ambiant dans les relations internationales que les puissances européennes avaient pour credo tout le long du XIXe siècle et pendant la première partie du XXe siècle a été un frein important dans le relèvement d’Haïti. On a qu'à se rappeler l'énorme indemnité payée à la France pour la reconnaissance de l'indépendance du pays, soit 90 millions de francs or , qui représentent aujourd'hui 17 milliards d'euros. Les brigandages de l'Allemagne, soit dans les affaires du capitaine Batsch ou de Luders; le financement de l'instabilité durant le XIXe siècle par la fabrication…